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jeudi 31 janvier 2013

Kroum l'ectoplasme, autre vidéo + commentaires+ acte I, scène 1

Ci après un autre extrait vidéo de la pièce Kroum l'ectoplasme, avec commentaires du metteur en scène, ici J-Jacques Mateu,  au Théâtre Sorano de Toulouse en 2010


Et ici le début de la pièce (début de la vidéo) : l'arrivée de Kroum et ses retrouvailles avec sa mère
Aéroport. Fin d’après-midi. La Mère, Shkitt.
LA MÈRE
L’avion a atterri. Je vais revoir mon fils dans un petit instant. Ça y est, le voilà!!

Entre Kroum, une valise à la main. Il étreint la Mère.
KROUM
Maman, je n’ai pas réussi. Je n’ai trouvé ni la fortune ni le bonheur à l’étranger. Je n’ai pas avancé d’un pouce, je ne me suis pas amusé, pas marié, pas même fiancé. Je n’ai rencontré personne. Je n’ai rien acheté et je ne ramène rien. Dans ma valise, il n’y a que du linge sale et des affaires de toilette. Voilà, je t’ai tout dit et je te demande maintenant de me laisser tranquille.
LA MÈRE (regarde la valise)
Il me prépare sûrement une surprise.
KROUM
Non.
LA MÈRE
Mais si, il a bien une petite surprise pour sa maman.
KROUM
Non !
LA MÈRE
Pourquoi tu cries ? Quelqu’un t’a demandé quelque chose ? Tu es rentré pour qu’on se dispute ?
Elle se met à pleurer.




Kroum l'ectoplasme, H. Levin. Intrigue et extrait de la pièce

Kroum l'ectoplasme, d'Hanokh Levin. L'intrigue de la pièce.
Contrairement aux apparences, Kroum l'ectoplasme n'est pas le héros d'un joli conte pour enfant. C'est plutôt l'anti-héros, celui qui revient dans son quartier, chez sa mère, après avoir tenté sa chance à l'étranger.  Bredouille.    Retour à la case départ, aux mêmes amis et aux mêmes rêves.   
En attendant le coup de baguette magique qui viendra le propulser ailleurs, riche et dans les bras d'une superbe femme, il parle d'écrire un roman sur son quartier. Trouda-la-bougeotte, Doupa-la-godiche, Tougati-l'affligé : comme Kroum, ses amis portent chacun un drôle de prénom, accolé inexorablement à un qualificatif aliénant. Comme lui, ils sont conscients de leur état et de leurs limites. Sauf qu'eux s'accommodent tant bien que mal de leur condition tandis que Kroum la refuse tout en ne faisant rien pour y échapper. Avec humour, on redécouvre qu'il est plus facile de renoncer à ses rêves que de leur donner vie.

Extrait d'un spectacle de 2012, ms Isabelle Hurtin.

Affeux, sales et méchants

C'est un film d'Ettore Scola (1976) sur le thème de la famille.
La aussi une violente satire comique
Regardez l'extrait, prenez des notes  : quels sont  les thèmes abordés? comment l'interprétation rend-elle le comique?
(on va le rejouer en impro à la séance prochaine)

mercredi 30 janvier 2013

Ceux qui marchent dans l'obscurité, Hanokh Levin. Intrigue et extrait video

"Ceux qui marchent dans l'obscurité", de H. Levin, m.e.s. L. Hubinont, teaser

L'intrigue : Trois personnages se lèvent en pleine nuit et décident de marcher. Vers où? Pourquoi? Ils marchent et s’inventent ce qu’ils sont. Peut-être sont-ils des agents secrets internationaux, peut-être des amants à la recherche de leur bien aimée disparue ou peut-être des hommes tout ce qu’il y a de plus banal? Au fil de leur marche nocturne ils rencontreront leurs pensées, leurs doubles, leurs morts, Dieu aussi. Chacun avec sa valise, chacun avec son passé.
Dans un style tragi-comique, l’auteur israélien Hanokh Levin nous emmène dans un dédale de questions : Qui sommes-nous ? Que cherchons-nous? Vers où allons-nous? Guidés par la musique, vous êtes invités à partager l’errance drolatique et existentielle des 36 personnages qui composent cette fantaisie nocturne.

Le spectacle ci-dessus, mis en scène par L. Hubinont, est de 2012

Yaacobi et Leidental, la pièce qui a fait connaître Hanokh Levin

"Yaacobi et Leidental", présentation vidéo

Comédie à l’humour ravageur, Yaacobi et Leidental s’articule autour d’un triangle amoureux insolite : deux amis tombent amoureux de la même femme et de son « gros-popotin »…

C'est l'histoire d'un trio amoureux quelque peu survolté. Si l'auteur intitule cette comédie en trente tableaux et douze chansons du seul nom des deux garçons, la fille qui est entre eux, Ruth, est au moins aussi importante… C'est un peu Jules et Jim mais version Israël années 1970 et surtout pas dans un monde intellectuel… ce qui n'interdit jamais une certaine poésie. L'écrivain Hanokh Levin  s'est souvent penché sur le sort des humbles, du petit peuple de Tel-Aviv, de leurs rêves scintillants. On est ici du côté d'un cabaret sarcastique, blagueur et délirant, jamais trop méchant.
Yaacobi (Manuel Le Lièvre) rêve d'amour. Il croit deviner son destin en la personne de la pulpeuse - et piquante à la fois - Ruth (Agnès Pontier), qui prétend être pianiste. La musique enivre. Mais Leidental (David Migeot), le meilleur ami de Yaacobi, voudrait bien connaître, lui aussi, les affres de la passion. Et comme il fait tout comme son copain, c'est aux trousses de la belle, et parfois du couple, qu'il se lance. C'est tout ! Mais soumettez la pièce, déjà désopilante, aux accélérations de la centrifugeuse d'une mise en scène audacieuse, et la folie s'empare du théâtre !

Critique

Frédéric Bélier-Garcia est un metteur en scène qui a, dès ses débuts, sans superbe ni prétention, imposé sa personnalité et son autorité.  Cette pièce très drôle, dévastatrice, exagératrice, qui tient du cabaret, des tréteaux sinon des castelets de guignol, est construite comme une course-poursuite digne des vaudevilles classiques mais emprunte ses humeurs à des registres très divers. Le metteur en scène, ici, peut s'appuyer sur la formidable équipe artistique qu'il a réunie. Un décor comme il convient d'intérieur convenu en Israël, chez des gens jeunes et peu argentés, un extérieur idéal, des costumes à l'avenant de Sophie Perez. Une musique bien charpentée, qui emprunte au répertoire, mise en mouvements vifs par Reinhardt Wagner, trois comédiens hyperdoués qui, depuis le conservatoire, méritent tous les superlatifs. Car il faut oser y aller, comme le fait Agnès Pontier ; il faut trouver la juste distance, comme le fait David Migeot ; il faut faire d'une marionnette un homme universel, et Manuel Le Lièvre est bouleversant. On rit aux larmes et l'on est ému !
Source : le Figaro (janvier 2010, mise en scène F. Bélier-Garcia)
 

Promesses. Cabaret Hanokh Levin. Extrait du spectacle

"Promesses – Cabaret Hanokh Levin", m.e.s. G. Freixe, extraits

Il s'agit ici de sketches tirés de ses cabarets satiriques des années 1970, ici mis en scène par Guy Freixe. Ce-dernier explique :
"Deux directions s’entremêlent et tissent des liens: la dimension métaphysique, toujours sous-jacente chez Levin, où l’homme attend sans cesse d’être sauvé de son malheur d’exister, et la dimension politique, car ces promesses sont souvent mensongères et ne visent qu’à l’abus de pouvoir.
Levin allie à la fois le questionnement politique de Bertold Brecht, et l’humour de Karl Valentin. Le cabaret sera la forme artistique pour traiter cet univers : Levin s’y est employé, et nous suivrons ses pas, en faisant alterner chansons, monologues, sketchs en duo, ou trio. "


Quelques extraits : 
LA PAIX 
 Vous verrez que ça aussi, ça s’arrangera. Une nuit, vous irez dormir, et quand vous vous réveillerez- ce sera la paix. Eh oui, la paix. Alors vous, puisque c’est la paix, qu’est ce que vous faites ?... 

LE HOT DOG
LE CLIENT - Un hot dog, s’il vous plaît. Si possible, avec une saucisse bien chaude. Et un petit pain moelleux. Ce que je voudrais, c’est qu’elle soit très grande, la saucisse. Et j’aurais été ravi que le pain le soit aussi. Et j’aurais aimé vous demander que ça ne me coûte pas trop cher. Pas cher du tout. À dire vrai, ça m’aurait fait très plaisir que vous me fassiez cadeau de cette saucisse. Et, si on revenait un instant en arrière, ce que je voudrais, c’est qu’elle soit interminable, énorme, la saucisse, et que vous m’en fassiez cadeau. Et aussi que vous m’obligiez à la manger, comme une mère qui s’occupe bien de son enfant. Ce que je voudrais, c’est que vous soyez ma mère, mais seulement en ce qui concerne la saucisse, pour le reste, que vous soyez une femme totalement inconnue, mais extrêmement gentille. Et je voudrais que vous ayez une quarantaine d’années en moins et que vous soyez très belle. Et nue. Seulement le bas. Et qu’après m’avoir fait cadeau de la saucisse interminable vous couchiez avec moi sur un canapé moelleux, qui serait là, juste derrière le comptoir. Bref, ce que je voudrais, c’est que vous soyez ma mère pour la saucisse, une putain amateur pour la baise, et après la baise, que vous deveniez Caroline de Monaco pour vivre un amour torride, m’emmener en voyage à Monaco et m’épouser. Reste un problème: que faire de l’énorme saucisse? Si elle est énorme, la saucisse, elle finira par emplir tout l’univers et il n’y aura plus de place pour Monaco. Ce que je voudrais, c’est qu’il vous pousse une barbe, que vous vous transformiez en Messie, que vous résolviez le problème de la saucisse, et que vous redeveniez Caroline de Monaco. Comme vous voyez, je place en vous de grands, d’immenses espoirs. Tant que vous ne me tendez pas le hot dog, tout est permis, tout est encore possible.
(La vendeuse lui tend le hot dog. Un temps)
Merci. Dommage. 


"Une laborieuse entreprise" - Hanokh Levin. Intrigue et Bande-annonce

"Une laborieuse entreprise" - bande-annonce

Une laborieuse entreprise. L'intrigue.  
C’est l’histoire d’un type (Yona) qui se réveille au milieu de la nuit avec l'évidente certitude que sa vie fut merdique…
Pas même un gâchis, mais qu'elle aurait simplement pu ne pas avoir lieu, sans que personne ne s'en aperçoive. Une prise de conscience métaphysique brutale mais revigorante.
Il réveille sa femme (Leviva)  aussi impitoyablement qu'il peut pour engager un combat sans pitié et sans issue. Théâtre de la cruauté. Que l'indicible soit dit le plus férocement possible. Si c’est trop raisonné, cela devient cynique.

Les grandes questions que l’on se pose et que l’on peut trouver exposées de façon très élaborée chez des auteurs plus raisonnables sont exprimés ici avec des mots d'une affligeante banalité, d'une cinglante sincérité qui confine à la torture.
Christophe Sermet, metteur en scène de la pièce (Bruxelles, 2011)

LE TEXTE; 2 EXTRAITS1.«LEVIVA : Yona, asseyons-nous un instant calmement, l’hystérie est passée, viens. Soyons
pragmatiques : où iras-tu et que feras-tu ?
YONA: Je trouverai un hôtel pas trop cher, j’y resterai deux ou trois jours et je me chercherai un studio pas trop cher.
LEVIVA : Et quand tu te seras installé dans ton studio pas trop cher, tu chercheras un frigo pas
trop cher, deux ou trois chaises, un lit pas trop cher, tu t’allongeras dessus, puis tu te relèveras pour
aller chercher une femme pas trop chère. Tu termines ta vie à bon marché. »

2.. « YONA : Je suis un homme fini. Bien obligé de voir la vérité en face : je suis un homme fini.
Comment est-ce arrivé ?
Quand j’étais gosse, j’avais le monde à portée de main.
Comment tout s’est-il défait,
dissout entre mes doigts ?
A questions usées
réponses usées.
Il n’y a que ma détresse qui ne s’use pas.
Increvable, ma détresse.
Elle est là, bien fraîche et bien vivante.
Comment pourrais-je lui dire :
« S’il te plaît, arrête, tu exagères,
les gens vivent et meurent, tous d’une manière
ou d’une autre passent à côté, je n’ai inventé
ni la désillusion ni le désespoir, alors je t’en prie,aie la bonté de t’apaiser.
Du calme… » »

dimanche 2 septembre 2012

Playlist vidéos / Playlist vidéos - Célestins, Théâtre de Lyon

Playlist vidéos / Playlist vidéos - Célestins, Théâtre de Lyon

Nouveau! Les Célestins mettent en ligne des extraits vidéo des spectacles de la saison 2012/2013. 
Curieux, ne pas s'abstenir!


dimanche 26 décembre 2010

Video annoncée Dissocia, 1ères juin 2010

Les vacances aidant, j'essaie de mettre en ligne un extrait video du travail des Premières 2009/2010, pour le "festival 1ères planches" au théâtre des Ateliers.

Le thème expérimenté par les 25 élèves du groupe pendant l'année est la représentation de la folie, à travers deux oeuvres contemporaines :
-Le monde merveilleux de Dissocia, d'Anthony Neilson (pièce vue aux célestins en décembre 2009, mise en scène Catherine Heargraves elle-même)
-4.48 Psychose, de Sarah Kane (programmé en mai 2011 aux ateliers).
Les élèves ont eu la chance d'être dirigés par Catherine Hargreaves, comédienne et metteuse en scène professionnelle.

L'extrait video (à suivre) correspond au début de Dissocia : une jeune fille a envoyé sa montre en réparation chez un horloger (suisse) parce qu'elle retardait d'une heure. Elle apprend avec stupéfaction d'un visiteur inattendu qu'en fait, ce n'est pas sa montre mais ELLE-MEME qui a perdu une heure lors d'un voyage en avion. Il lui faut donc retrouver son heure perdue en se rendant dans un étrange pays, nommé Dissocia. C'est le début d'une aventure complètement surréaliste, voyage aux confins de la folie...

01. 16. 17. 62. 63.