"Ceux qui marchent dans l'obscurité", de H. Levin, m.e.s. L. Hubinont, teaser
L'intrigue : Trois personnages se lèvent en pleine nuit et
décident de marcher. Vers où? Pourquoi? Ils marchent et s’inventent ce
qu’ils sont. Peut-être sont-ils des agents secrets
internationaux, peut-être des amants à la
recherche de leur bien aimée disparue ou peut-être des hommes tout ce
qu’il y a de plus banal? Au fil de leur marche nocturne ils
rencontreront leurs pensées, leurs doubles, leurs
morts, Dieu aussi. Chacun avec sa valise, chacun avec son passé.
Dans un style tragi-comique, l’auteur israélien
Hanokh Levin nous emmène dans un dédale de questions : Qui sommes-nous ?
Que cherchons-nous? Vers où allons-nous? Guidés par
la musique, vous êtes invités à partager l’errance
drolatique et existentielle des 36 personnages qui composent cette
fantaisie nocturne.
Le spectacle ci-dessus, mis en scène par L. Hubinont, est de 2012
mercredi 30 janvier 2013
Yaacobi et Leidental, la pièce qui a fait connaître Hanokh Levin
"Yaacobi et Leidental", présentation vidéo
Comédie à l’humour ravageur, Yaacobi et Leidental s’articule autour d’un triangle amoureux insolite : deux amis tombent amoureux de la même femme et de son « gros-popotin »…
C'est l'histoire d'un trio amoureux quelque peu survolté. Si l'auteur intitule cette comédie en trente tableaux et douze chansons du seul nom des deux garçons, la fille qui est entre eux, Ruth, est au moins aussi importante… C'est un peu Jules et Jim mais version Israël années 1970 et surtout pas dans un monde intellectuel… ce qui n'interdit jamais une certaine poésie. L'écrivain Hanokh Levin s'est souvent penché sur le sort des humbles, du petit peuple de Tel-Aviv, de leurs rêves scintillants. On est ici du côté d'un cabaret sarcastique, blagueur et délirant, jamais trop méchant.
Yaacobi (Manuel Le Lièvre) rêve d'amour. Il croit deviner son destin en la personne de la pulpeuse - et piquante à la fois - Ruth (Agnès Pontier), qui prétend être pianiste. La musique enivre. Mais Leidental (David Migeot), le meilleur ami de Yaacobi, voudrait bien connaître, lui aussi, les affres de la passion. Et comme il fait tout comme son copain, c'est aux trousses de la belle, et parfois du couple, qu'il se lance. C'est tout ! Mais soumettez la pièce, déjà désopilante, aux accélérations de la centrifugeuse d'une mise en scène audacieuse, et la folie s'empare du théâtre !
Source : le Figaro (janvier 2010, mise en scène F. Bélier-Garcia)
Comédie à l’humour ravageur, Yaacobi et Leidental s’articule autour d’un triangle amoureux insolite : deux amis tombent amoureux de la même femme et de son « gros-popotin »…
C'est l'histoire d'un trio amoureux quelque peu survolté. Si l'auteur intitule cette comédie en trente tableaux et douze chansons du seul nom des deux garçons, la fille qui est entre eux, Ruth, est au moins aussi importante… C'est un peu Jules et Jim mais version Israël années 1970 et surtout pas dans un monde intellectuel… ce qui n'interdit jamais une certaine poésie. L'écrivain Hanokh Levin s'est souvent penché sur le sort des humbles, du petit peuple de Tel-Aviv, de leurs rêves scintillants. On est ici du côté d'un cabaret sarcastique, blagueur et délirant, jamais trop méchant.
Yaacobi (Manuel Le Lièvre) rêve d'amour. Il croit deviner son destin en la personne de la pulpeuse - et piquante à la fois - Ruth (Agnès Pontier), qui prétend être pianiste. La musique enivre. Mais Leidental (David Migeot), le meilleur ami de Yaacobi, voudrait bien connaître, lui aussi, les affres de la passion. Et comme il fait tout comme son copain, c'est aux trousses de la belle, et parfois du couple, qu'il se lance. C'est tout ! Mais soumettez la pièce, déjà désopilante, aux accélérations de la centrifugeuse d'une mise en scène audacieuse, et la folie s'empare du théâtre !
Critique
Frédéric Bélier-Garcia est un metteur en scène qui a, dès ses débuts, sans superbe ni prétention, imposé sa personnalité et son autorité. Cette pièce très drôle, dévastatrice, exagératrice, qui tient du cabaret, des tréteaux sinon des castelets de guignol, est construite comme une course-poursuite digne des vaudevilles classiques mais emprunte ses humeurs à des registres très divers. Le metteur en scène, ici, peut s'appuyer sur la formidable équipe artistique qu'il a réunie. Un décor comme il convient d'intérieur convenu en Israël, chez des gens jeunes et peu argentés, un extérieur idéal, des costumes à l'avenant de Sophie Perez. Une musique bien charpentée, qui emprunte au répertoire, mise en mouvements vifs par Reinhardt Wagner, trois comédiens hyperdoués qui, depuis le conservatoire, méritent tous les superlatifs. Car il faut oser y aller, comme le fait Agnès Pontier ; il faut trouver la juste distance, comme le fait David Migeot ; il faut faire d'une marionnette un homme universel, et Manuel Le Lièvre est bouleversant. On rit aux larmes et l'on est ému !Source : le Figaro (janvier 2010, mise en scène F. Bélier-Garcia)
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Yacobi & Leidental
Promesses. Cabaret Hanokh Levin. Extrait du spectacle
"Promesses – Cabaret Hanokh Levin", m.e.s. G. Freixe, extraits
Il s'agit ici de sketches tirés de ses cabarets satiriques des années 1970, ici mis en scène par Guy Freixe. Ce-dernier explique :
"Deux directions s’entremêlent et tissent des liens: la dimension métaphysique, toujours sous-jacente chez Levin, où l’homme attend sans cesse d’être sauvé de son malheur d’exister, et la dimension politique, car ces promesses sont souvent mensongères et ne visent qu’à l’abus de pouvoir.
Levin allie à la fois le questionnement politique de Bertold Brecht, et l’humour de Karl Valentin. Le cabaret sera la forme artistique pour traiter cet univers : Levin s’y est employé, et nous suivrons ses pas, en faisant alterner chansons, monologues, sketchs en duo, ou trio. "
Quelques extraits :
LA PAIX
Vous verrez que ça aussi, ça s’arrangera. Une nuit, vous irez dormir, et quand vous vous réveillerez- ce sera la paix. Eh oui, la paix. Alors vous, puisque c’est la paix, qu’est ce que vous faites ?...
LE HOT DOG
LE CLIENT - Un hot dog, s’il vous plaît. Si possible, avec une saucisse bien chaude. Et un petit pain moelleux. Ce que je voudrais, c’est qu’elle soit très grande, la saucisse. Et j’aurais été ravi que le pain le soit aussi. Et j’aurais aimé vous demander que ça ne me coûte pas trop cher. Pas cher du tout. À dire vrai, ça m’aurait fait très plaisir que vous me fassiez cadeau de cette saucisse. Et, si on revenait un instant en arrière, ce que je voudrais, c’est qu’elle soit interminable, énorme, la saucisse, et que vous m’en fassiez cadeau. Et aussi que vous m’obligiez à la manger, comme une mère qui s’occupe bien de son enfant. Ce que je voudrais, c’est que vous soyez ma mère, mais seulement en ce qui concerne la saucisse, pour le reste, que vous soyez une femme totalement inconnue, mais extrêmement gentille. Et je voudrais que vous ayez une quarantaine d’années en moins et que vous soyez très belle. Et nue. Seulement le bas. Et qu’après m’avoir fait cadeau de la saucisse interminable vous couchiez avec moi sur un canapé moelleux, qui serait là, juste derrière le comptoir. Bref, ce que je voudrais, c’est que vous soyez ma mère pour la saucisse, une putain amateur pour la baise, et après la baise, que vous deveniez Caroline de Monaco pour vivre un amour torride, m’emmener en voyage à Monaco et m’épouser. Reste un problème: que faire de l’énorme saucisse? Si elle est énorme, la saucisse, elle finira par emplir tout l’univers et il n’y aura plus de place pour Monaco. Ce que je voudrais, c’est qu’il vous pousse une barbe, que vous vous transformiez en Messie, que vous résolviez le problème de la saucisse, et que vous redeveniez Caroline de Monaco. Comme vous voyez, je place en vous de grands, d’immenses espoirs. Tant que vous ne me tendez pas le hot dog, tout est permis, tout est encore possible.
(La vendeuse lui tend le hot dog. Un temps)
Merci. Dommage.
Il s'agit ici de sketches tirés de ses cabarets satiriques des années 1970, ici mis en scène par Guy Freixe. Ce-dernier explique :
"Deux directions s’entremêlent et tissent des liens: la dimension métaphysique, toujours sous-jacente chez Levin, où l’homme attend sans cesse d’être sauvé de son malheur d’exister, et la dimension politique, car ces promesses sont souvent mensongères et ne visent qu’à l’abus de pouvoir.
Levin allie à la fois le questionnement politique de Bertold Brecht, et l’humour de Karl Valentin. Le cabaret sera la forme artistique pour traiter cet univers : Levin s’y est employé, et nous suivrons ses pas, en faisant alterner chansons, monologues, sketchs en duo, ou trio. "
Quelques extraits :
LA PAIX
Vous verrez que ça aussi, ça s’arrangera. Une nuit, vous irez dormir, et quand vous vous réveillerez- ce sera la paix. Eh oui, la paix. Alors vous, puisque c’est la paix, qu’est ce que vous faites ?...
LE HOT DOG
LE CLIENT - Un hot dog, s’il vous plaît. Si possible, avec une saucisse bien chaude. Et un petit pain moelleux. Ce que je voudrais, c’est qu’elle soit très grande, la saucisse. Et j’aurais été ravi que le pain le soit aussi. Et j’aurais aimé vous demander que ça ne me coûte pas trop cher. Pas cher du tout. À dire vrai, ça m’aurait fait très plaisir que vous me fassiez cadeau de cette saucisse. Et, si on revenait un instant en arrière, ce que je voudrais, c’est qu’elle soit interminable, énorme, la saucisse, et que vous m’en fassiez cadeau. Et aussi que vous m’obligiez à la manger, comme une mère qui s’occupe bien de son enfant. Ce que je voudrais, c’est que vous soyez ma mère, mais seulement en ce qui concerne la saucisse, pour le reste, que vous soyez une femme totalement inconnue, mais extrêmement gentille. Et je voudrais que vous ayez une quarantaine d’années en moins et que vous soyez très belle. Et nue. Seulement le bas. Et qu’après m’avoir fait cadeau de la saucisse interminable vous couchiez avec moi sur un canapé moelleux, qui serait là, juste derrière le comptoir. Bref, ce que je voudrais, c’est que vous soyez ma mère pour la saucisse, une putain amateur pour la baise, et après la baise, que vous deveniez Caroline de Monaco pour vivre un amour torride, m’emmener en voyage à Monaco et m’épouser. Reste un problème: que faire de l’énorme saucisse? Si elle est énorme, la saucisse, elle finira par emplir tout l’univers et il n’y aura plus de place pour Monaco. Ce que je voudrais, c’est qu’il vous pousse une barbe, que vous vous transformiez en Messie, que vous résolviez le problème de la saucisse, et que vous redeveniez Caroline de Monaco. Comme vous voyez, je place en vous de grands, d’immenses espoirs. Tant que vous ne me tendez pas le hot dog, tout est permis, tout est encore possible.
(La vendeuse lui tend le hot dog. Un temps)
Merci. Dommage.
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Hanoch Levin
"Une laborieuse entreprise" - Hanokh Levin. Intrigue et Bande-annonce
"Une laborieuse entreprise" - bande-annonce
Une laborieuse entreprise. L'intrigue.
C’est l’histoire d’un type (Yona) qui se réveille au milieu de la nuit avec l'évidente certitude que sa vie fut merdique…
Pas même un gâchis, mais qu'elle aurait simplement pu ne pas avoir lieu, sans que personne ne s'en aperçoive. Une prise de conscience métaphysique brutale mais revigorante.
Il réveille sa femme (Leviva) aussi impitoyablement qu'il peut pour engager un combat sans pitié et sans issue. Théâtre de la cruauté. Que l'indicible soit dit le plus férocement possible. Si c’est trop raisonné, cela devient cynique.
Les grandes questions que l’on se pose et que l’on peut trouver exposées de façon très élaborée chez des auteurs plus raisonnables sont exprimés ici avec des mots d'une affligeante banalité, d'une cinglante sincérité qui confine à la torture.
Christophe Sermet, metteur en scène de la pièce (Bruxelles, 2011)
LE TEXTE; 2 EXTRAITS1.«LEVIVA : Yona, asseyons-nous un instant calmement, l’hystérie est passée, viens. Soyons
pragmatiques : où iras-tu et que feras-tu ?
YONA: Je trouverai un hôtel pas trop cher, j’y resterai deux ou trois jours et je me chercherai un studio pas trop cher.
LEVIVA : Et quand tu te seras installé dans ton studio pas trop cher, tu chercheras un frigo pas
trop cher, deux ou trois chaises, un lit pas trop cher, tu t’allongeras dessus, puis tu te relèveras pour
aller chercher une femme pas trop chère. Tu termines ta vie à bon marché. »
2.. « YONA : Je suis un homme fini. Bien obligé de voir la vérité en face : je suis un homme fini.
Comment est-ce arrivé ?
Quand j’étais gosse, j’avais le monde à portée de main.
Comment tout s’est-il défait,
dissout entre mes doigts ?
A questions usées
réponses usées.
Il n’y a que ma détresse qui ne s’use pas.
Increvable, ma détresse.
Elle est là, bien fraîche et bien vivante.
Comment pourrais-je lui dire :
« S’il te plaît, arrête, tu exagères,
les gens vivent et meurent, tous d’une manière
ou d’une autre passent à côté, je n’ai inventé
ni la désillusion ni le désespoir, alors je t’en prie,aie la bonté de t’apaiser.
Du calme… » »
Une laborieuse entreprise. L'intrigue.
C’est l’histoire d’un type (Yona) qui se réveille au milieu de la nuit avec l'évidente certitude que sa vie fut merdique…
Pas même un gâchis, mais qu'elle aurait simplement pu ne pas avoir lieu, sans que personne ne s'en aperçoive. Une prise de conscience métaphysique brutale mais revigorante.
Il réveille sa femme (Leviva) aussi impitoyablement qu'il peut pour engager un combat sans pitié et sans issue. Théâtre de la cruauté. Que l'indicible soit dit le plus férocement possible. Si c’est trop raisonné, cela devient cynique.
Les grandes questions que l’on se pose et que l’on peut trouver exposées de façon très élaborée chez des auteurs plus raisonnables sont exprimés ici avec des mots d'une affligeante banalité, d'une cinglante sincérité qui confine à la torture.
Christophe Sermet, metteur en scène de la pièce (Bruxelles, 2011)
LE TEXTE; 2 EXTRAITS1.«LEVIVA : Yona, asseyons-nous un instant calmement, l’hystérie est passée, viens. Soyons
pragmatiques : où iras-tu et que feras-tu ?
YONA: Je trouverai un hôtel pas trop cher, j’y resterai deux ou trois jours et je me chercherai un studio pas trop cher.
LEVIVA : Et quand tu te seras installé dans ton studio pas trop cher, tu chercheras un frigo pas
trop cher, deux ou trois chaises, un lit pas trop cher, tu t’allongeras dessus, puis tu te relèveras pour
aller chercher une femme pas trop chère. Tu termines ta vie à bon marché. »
2.. « YONA : Je suis un homme fini. Bien obligé de voir la vérité en face : je suis un homme fini.
Comment est-ce arrivé ?
Quand j’étais gosse, j’avais le monde à portée de main.
Comment tout s’est-il défait,
dissout entre mes doigts ?
A questions usées
réponses usées.
Il n’y a que ma détresse qui ne s’use pas.
Increvable, ma détresse.
Elle est là, bien fraîche et bien vivante.
Comment pourrais-je lui dire :
« S’il te plaît, arrête, tu exagères,
les gens vivent et meurent, tous d’une manière
ou d’une autre passent à côté, je n’ai inventé
ni la désillusion ni le désespoir, alors je t’en prie,aie la bonté de t’apaiser.
Du calme… » »
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Une laborieuse entreprise
Présentation d'Hanokh LEVIN (1943-1999) dans théâtre contemporain.net
Né à Tel-Aviv en 1943, décédé prématurément en
1999, Hanokh Levin, figure majeure du théâtre israélien contemporain,
nous a laissé une cinquantaine de pièces de théâtre, ainsi
que plusieurs recueils de poésie et de prose.
S’il doit une entrée en scène fracassante et sulfureuse à ses textes
politiques (il dénonce dès 1969, dans son premier cabaret
Toi, moi et la prochaine guerre,
l’engrenage de violence induit par la politique d’occupation de son pays
après la guerre de 1968), ce sont ses comédies qui, à partir
de 1972, lui ouvrent en grand les portes du
monde théâtral. Yaacobi et Leidental, qui sera aussi sa
première mise en scène, peut être considéré comme la pierre
(tri)angulaire de « l’ère Levin » en Israël,
période de plus d’un quart de siècle (jusqu’en 1999) rythmée par une
création presque tous les ans et presque
toujours dans une mise en scène de l’auteur.
Les années 70 voient donc naître les personnages leviniens, ces petites gens dont le principal problème dans l’existence... est l’existence elle-même, principalement la leur ; qui rêvent de courir le marathon sans se rendre compte qu’ils ont mis les pieds dans des chaussures de plomb. Ils s’appellent Kroum, Popper, Yaacobi, Potroush, Kamilévitch, et nous racontent tous ce combat perdu d’avance qui nous est commun, à nous autres, êtres humains. Insérés dans le microcosme du couple, de la famille ou du quartier, ces atteints de médiocrité aigüe ont beau essayer feintes sur feintes, ils ne leurrent personne : c’est bien de nous qu’ils parlent et c’est bien nous qu’ils touchent. Nous qu’ils sauvent aussi, grâce à l’humour irrésistible d’un auteur qui ne peut que ressentir une infinie tendresse envers leur/notre maladresse constitutive.
Le succès étant au rendez-vous, Levin, qui dès le début des années 80 peut travailler sur toutes les grandes scènes de son pays, commence à chercher de nouvelles formes d’écriture et d’images scéniques. Il puise tout d’abord dans les grands mythes (Les Souffrances de Job, Les Femmes de Troie) puis façonne son propre théâtre épique (L’Enfant rêve, Ceux qui marchent dans l’obscurité) qui se cristallise en « drame moderne » au service duquel il met son langage théâtral si particulier, mélange de provocation, de poésie, de quotidien, d’humour et de formidable générosité.
Consacré par les prix israéliens les plus prestigieux, il n’en continue pas moins d’affirmer ses opinions à travers des textes politiques écrits au vitriol, ce qui lui vaut en 1982 de voir sa pièce Le Patriote rapidement retirée de l’affiche et en 1997, de déclencher une nouvelle levée de boucliers avec Meurtre.
Comme pour faire la nique à la mort, à qui, pendant trente ans, il a donné la vedette (elle apparaît dans toute son œuvre, c’est elle qui, toujours, dans un dernier éclat de rire, vient asséner la pire des humiliations), Levin, se sachant malade, écrit Requiem (ce sera aussi sa dernière mise en scène) puis Les Pleurnicheurs, dont il entreprend les répétitions en mai 1999. Réalité qui devient théâtre ou théâtre qui devient réalité, il dirige de son lit d’hôpital des acteurs qu’il cloue sur un lit d’hôpital tandis que d’autres – le personnel soignant – leur jouent, en guise de « divertissement », la tragédie d’Agamemnon... Une mort qui le rattrape sans lui laisser le temps de voir aboutir son projet. Le 18 août 1999 Hanokh Levin s’éteint après un combat de trois ans contre le cancer.
Grâce à la Maison Antoine Vitez qui, en 1991, a été la première institution à soutenir l’entreprise de traduction des pièces de Hanokh Levin, l’œuvre de ce grand auteur a pu atteindre le monde du théâtre français, qui s’est petit à petit ouvert à son écriture si singulière.
Le processus enclenché par Jacques Nichet en 1996 avec la création de Marchands de caoutchouc au Théâtre des Treize-Vents à Montpellier, s’est emballé. Après François Rancillac et Philippe Adrien, après de jeunes metteurs en scène comme Clément Poiré ou Laurent Brethome, après Stéphane Braunschweig qui a monté L’Enfant rêve en 2006 au Théâtre national de Strasbourg (repris ensuite au Théâtre de la Colline), c’est Galin Stoev, qui offre à Hanokh Levin la scène du Studio-Théâtre. À travers un choix très personnel de textes courts (parmi les dizaines que Levin a écrits tout au long de sa vie), ce jeune metteur en scène bulgare apporte sa vision – d’une extrême modernité, incisive et qui sied à merveille à l’écriture abrupte de Levin – et crée un monde aux codes d’une logique totalement loufoque mais pourtant implacable, un monde qui, même s’il est entré dans le troisième millénaire, ne pourra éviter de placer l’homme et son combat existentiel au centre de ses préoccupations... s’il ne veut pas perdre ce qui lui reste d’âme.
Laurence Sendrowicz, février 2008
Source : théâtre contemporain.net
Les années 70 voient donc naître les personnages leviniens, ces petites gens dont le principal problème dans l’existence... est l’existence elle-même, principalement la leur ; qui rêvent de courir le marathon sans se rendre compte qu’ils ont mis les pieds dans des chaussures de plomb. Ils s’appellent Kroum, Popper, Yaacobi, Potroush, Kamilévitch, et nous racontent tous ce combat perdu d’avance qui nous est commun, à nous autres, êtres humains. Insérés dans le microcosme du couple, de la famille ou du quartier, ces atteints de médiocrité aigüe ont beau essayer feintes sur feintes, ils ne leurrent personne : c’est bien de nous qu’ils parlent et c’est bien nous qu’ils touchent. Nous qu’ils sauvent aussi, grâce à l’humour irrésistible d’un auteur qui ne peut que ressentir une infinie tendresse envers leur/notre maladresse constitutive.
Le succès étant au rendez-vous, Levin, qui dès le début des années 80 peut travailler sur toutes les grandes scènes de son pays, commence à chercher de nouvelles formes d’écriture et d’images scéniques. Il puise tout d’abord dans les grands mythes (Les Souffrances de Job, Les Femmes de Troie) puis façonne son propre théâtre épique (L’Enfant rêve, Ceux qui marchent dans l’obscurité) qui se cristallise en « drame moderne » au service duquel il met son langage théâtral si particulier, mélange de provocation, de poésie, de quotidien, d’humour et de formidable générosité.
Consacré par les prix israéliens les plus prestigieux, il n’en continue pas moins d’affirmer ses opinions à travers des textes politiques écrits au vitriol, ce qui lui vaut en 1982 de voir sa pièce Le Patriote rapidement retirée de l’affiche et en 1997, de déclencher une nouvelle levée de boucliers avec Meurtre.
Comme pour faire la nique à la mort, à qui, pendant trente ans, il a donné la vedette (elle apparaît dans toute son œuvre, c’est elle qui, toujours, dans un dernier éclat de rire, vient asséner la pire des humiliations), Levin, se sachant malade, écrit Requiem (ce sera aussi sa dernière mise en scène) puis Les Pleurnicheurs, dont il entreprend les répétitions en mai 1999. Réalité qui devient théâtre ou théâtre qui devient réalité, il dirige de son lit d’hôpital des acteurs qu’il cloue sur un lit d’hôpital tandis que d’autres – le personnel soignant – leur jouent, en guise de « divertissement », la tragédie d’Agamemnon... Une mort qui le rattrape sans lui laisser le temps de voir aboutir son projet. Le 18 août 1999 Hanokh Levin s’éteint après un combat de trois ans contre le cancer.
Grâce à la Maison Antoine Vitez qui, en 1991, a été la première institution à soutenir l’entreprise de traduction des pièces de Hanokh Levin, l’œuvre de ce grand auteur a pu atteindre le monde du théâtre français, qui s’est petit à petit ouvert à son écriture si singulière.
Le processus enclenché par Jacques Nichet en 1996 avec la création de Marchands de caoutchouc au Théâtre des Treize-Vents à Montpellier, s’est emballé. Après François Rancillac et Philippe Adrien, après de jeunes metteurs en scène comme Clément Poiré ou Laurent Brethome, après Stéphane Braunschweig qui a monté L’Enfant rêve en 2006 au Théâtre national de Strasbourg (repris ensuite au Théâtre de la Colline), c’est Galin Stoev, qui offre à Hanokh Levin la scène du Studio-Théâtre. À travers un choix très personnel de textes courts (parmi les dizaines que Levin a écrits tout au long de sa vie), ce jeune metteur en scène bulgare apporte sa vision – d’une extrême modernité, incisive et qui sied à merveille à l’écriture abrupte de Levin – et crée un monde aux codes d’une logique totalement loufoque mais pourtant implacable, un monde qui, même s’il est entré dans le troisième millénaire, ne pourra éviter de placer l’homme et son combat existentiel au centre de ses préoccupations... s’il ne veut pas perdre ce qui lui reste d’âme.
Laurence Sendrowicz, février 2008
Source : théâtre contemporain.net
Calendrier spectacles février-avril 2013
Récapitulatif des spectacles prévus pour ce début de cette année 2013
Rappel : j'attends un compte rendu écrit sur l'un des spectacles de janvier, à savoir Communiqué n°10 ou Jeux de cartes, pique de Robert Lepage
Semaine du 4 au 8 février : Festival Sang Neuf au théâtre des Ateliers
Jérusalem plomb durci : les 4, 5, 6
Rapport sur moi : lundi 4 ou mardi 5
Débris : jeudi 7 ou vendredi 8
[En gras, la classe prioritairement inscrite]
Vendredi 22/2 au TNP :Fin de Partie, Beckett (Premières)
Après les vacances de février
Vendredi 15 mars : La Femme gauchère, TNP (2ndes)
Jeudi 4 avril aux Ateliers : Dénommé Gospodin (1ères)
Vendredi 12 avril au TNP : Pantagruel (Term)
Samedi 13 avril (Célestins) : l'Ecole des Femmes (2nde)
Rappel : j'attends un compte rendu écrit sur l'un des spectacles de janvier, à savoir Communiqué n°10 ou Jeux de cartes, pique de Robert Lepage
Semaine du 4 au 8 février : Festival Sang Neuf au théâtre des Ateliers
Jérusalem plomb durci : les 4, 5, 6
Rapport sur moi : lundi 4 ou mardi 5
Débris : jeudi 7 ou vendredi 8
[En gras, la classe prioritairement inscrite]
Vendredi 22/2 au TNP :Fin de Partie, Beckett (Premières)
Après les vacances de février
Vendredi 15 mars : La Femme gauchère, TNP (2ndes)
Jeudi 4 avril aux Ateliers : Dénommé Gospodin (1ères)
Vendredi 12 avril au TNP : Pantagruel (Term)
Samedi 13 avril (Célestins) : l'Ecole des Femmes (2nde)
mardi 16 octobre 2012
Mort d'un commis voyageur aux Célestins Little big man - Petit Bulletin
Théâtre et Danse Lyon : Théâre : Mort d'un commis voyageur aux Célestins Little big man - Petit Bulletin
Ici l'article de Nadia Pobel dans le Petit Bulletin du 10 octobre sur "Mort d'un commis voyageur"
Lisez aussi les réactions des lecteurs (Anouchka) et la réponse de la rédaction du journal. Nous aurons à en parler lors de la venue de la journaliste au lycée (eh oui, Nadia Pobel au lycée Lacassagne, vous avez bien lu...)
Ici l'article de Nadia Pobel dans le Petit Bulletin du 10 octobre sur "Mort d'un commis voyageur"
Lisez aussi les réactions des lecteurs (Anouchka) et la réponse de la rédaction du journal. Nous aurons à en parler lors de la venue de la journaliste au lycée (eh oui, Nadia Pobel au lycée Lacassagne, vous avez bien lu...)
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dimanche 2 septembre 2012
Playlist vidéos / Playlist vidéos - Célestins, Théâtre de Lyon
Playlist vidéos / Playlist vidéos - Célestins, Théâtre de Lyon
Nouveau! Les Célestins mettent en ligne des extraits vidéo des spectacles de la saison 2012/2013.
Curieux, ne pas s'abstenir!
Nouveau! Les Célestins mettent en ligne des extraits vidéo des spectacles de la saison 2012/2013.
Curieux, ne pas s'abstenir!
Présentation de saison - Animation Divers Le Fou à Lyon 1er - Samedi 15 septembre 2012 - Petit Bulletin de Lyon
Présentation de saison - Animation Divers Le Fou à Lyon 1er - Samedi 15 septembre 2012 - Petit Bulletin de Lyon
Vous voulez découvrir (gratuitement) le Fou?
RV samedi 15 septembre prochain pour des animations (spectacle, présentation des activités de l'année,goûter, visite...)
Cliquez sur le lien ci-dessus pour + infos
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mardi 26 juin 2012
Phèdre(s). Quelques photos du spectacle. Juin 2012
Les 2ndes se sont donnés à leur public lors de 3 représentations qui ont réuni, jeudi 14 juin dernier, un public très nombreux et très attentif dans la salle polyvalente du lycée. Voici un premier aperçu des personnages (la suite en septembre, quand on aura réuni tous nos souvenirs photos!)
vendredi 22 juin 2012
Phèdre(s), jeudi 14 juin
Les
Théâtreux de 2nde du lycée Lacassagne vous ont concocté
une représentation de « L'amour de Phèdre » Jeudi 14
Juin 2012.
L'histoire
est la suivante : une jeune fille du nom de Phèdre part en croisière
avec sa sœur Ariane et le fiancé de sa sœur : Thésée.
Phèdre
et Thésée tombent amoureux, Thésée trompe Ariane et se marie avec
Phèdre.
Thésée
part en voyage laissant Phèdre seule avec son beau-fils Hippolyte
dont elle devient amoureuse. Phèdre fait des avances à Hippolyte,
mais au retour de son mari, elle prétend le contraire. A cette
nouvelle, Thésée est fou de colère. Finalement, Hippolyte est
exécuté sur la place publique. Selon d'autres versions, c'est un
monstre furieux
surgi de la mer qui tue Hippolyte.
Nous
avons travaillé sur cette pièce depuis le mois de février avec l'aide
deux comédiens : Raphaël Defour & Nicole Mersey.
Le
projet avait pour but de montrer l'extraordinaire (sur)vie du mythe
antique en mélangeant différentes versions, classiques et
contemporaines, françaises et étrangères, de l'amour incestueux de
Phèdre pour le jeune et beau Hippolyte.
Nous
avons pioché chez plusieurs auteurs, de l'Anglaise Sarah Kane à la
Mexicaine Ximena Escalante en passant par la France avec Racine, mais
en gardant aussi des extraits de choeurs à la manière antique
réécrits par le Suédois Per Olov Enquist. Il y en a pour tous les
goûts et tous les registres !
Nous
avons dû nous répartir les rôles et les apprendre. Mme Meffre et
les comédiens nous ont fait faire un gros travail de mise en scène.
Nous sommes désormais fin prêts pour vous présenter le fruit de
notre travail qui a été très enrichissant !
Il
ne vous reste plus qu'à vérifier que je dis vrai... Rendez vous à 11h, 14h et 16h dans la salle polyvalente pour une
durée de 50 min !
Bénédicte
Gauthier 2nd 4
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mercredi 6 juin 2012
Les Terminales sur le plateau des Ateliers
Le groupe des Terminale s'est produit avec grand succès lors du festival 1ère Scènes de notre partenaire culturel, les Ateliers, le 15 mai dernier.
"Noli me tangere" créée en 2010 à l'Odéon par la troupe de Jean-François Sivadier est une réécriture mi burlesque, mi sérieuse du mythe de Salomé.
Elle a été travaillée avec l'aide précieuse de Catherine Hargreaves et sera présentée au bac de théâtre très prochainement... Voici qq photos des répétitions
BRAVO A TOUS!!
"Noli me tangere" créée en 2010 à l'Odéon par la troupe de Jean-François Sivadier est une réécriture mi burlesque, mi sérieuse du mythe de Salomé.
Elle a été travaillée avec l'aide précieuse de Catherine Hargreaves et sera présentée au bac de théâtre très prochainement... Voici qq photos des répétitions
BRAVO A TOUS!!
Bienvenue au théâtre! Benvenuti a teatro!
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