jeudi 7 février 2013

Article sur Hanokh LEVIN par Farah & Anna

Hanokh LEVIN est né en 1943 à Tel-Avive et est décédé en 1999. C'est une figure majeure du théâtre israélien contemporain. Il a fait plusieurs pièce de théâtre ainsi que plusieurs recueils de poésie et de prose, c'est en 1972 grâce à ses comédies qui lui ouvrent les portes du monde théâtral.
Yaacobi et Leidental est l'une de ses première mise en scène, considéré comme la pierre (tri) angulaire de l'ère Levin. Sa première pièce fut un grand succès qui lui permit dès le début des années 80 de travailler sur toutes les grandes scènes de son pays et commence à chercher de nouvelles formes d'écriture et d'images scéniques.Il façonne son propre théâtre épique, nommé de "drame moderne" où il met son langage théâtral si particulier: mélange de provocation, poésie, de quotidien, d'humour et de formidable générosité.
Même après se sachant malade, Hanokh LEVIN continue d'écrire des pièces de théâtre et gère les mise en scène depuis son lit d'hôpital. Il mourra en 1999 d'un cancer après 3 ans de lutte.

Les thèmes favori de H.LEVIN sont la politique, les mythes et le sexe.
Les genres sont les cabarets satiriques, les comédies et les tragédies.

Camille présente Levin

L'œuvre dramatique de Levin se compose de 52 pièces. 32 d’entre elles seront montées de son vivant. Ce sont des cabarets satiriques, des comédies et des tragédies, qu’il dirige souvent lui-même. Un fil conducteur impertinent relie chacune de ces formes théâtrales qu’il traite toujours de façon atypique, en fonction des thèmes et des personnages. Une vingtaine de ses pièces et de nombreux sketches sont traduits en français par Laurence Sendrowicz et Jacqueline Carnaud et publiés aux éditions Théâtrales.
Il s’agit de violentes satires politiques du début de sa carrière. Elles constituent une résistance frontale de Levin contre la réalité politique qui prévaut en Israël au moment de leur création. Ces satires de cabaret sont composées d’une série de sketches entrecoupés de chansons.
Pièces centrées sur des individus, des familles, des amis ou des voisins qui sont représentatifs d’un microcosme de la société israélienne. L’espace dramatique de ces pièces se limite à la maison ou, tout au plus, au quartier. La ville et le pays sont en dehors du champ. Dans ce groupe des comédies, Nurit Yaari identifie trois sous-catégories : les amours et le mariage, la famille et le voisinage.
Cette partie philosophique et mythique de l’œuvre de Levin basée sur des mythes anciens et des textes bibliques. Ces pièces ont un caractère très différent en termes d’intrigue et de structure. Mais comme leurs titres « Agonies et humiliations endurées par les gens » et « Futilité de la souffrance humaine » le laissent entrevoir, elles tournent toutes autour du thème récurrent de la dégradation et de la mort.
Résident du théâtre municipal Caméri à Tel-Aviv pendant de nombreuses années, Levin crée aussi de nombreuses pièces au théâtre Habima, le Théâtre National d'Israël. Il reçoit de nombreuses récompenses en Israël et à l'étranger (dont le festival d'Édimbourg) et ses pièces sont mises en scène dans de nombreux festivals autour du monde. Les pièces de Levin traitent de la tristesse de la vie et de le bassesse de l'humanité. Il a été comparé à Jonathan Swift pour cet aspect de son œuvre. Levin dénonce la bassesse humaine de façon tranchante. Qu’il soit oppresseur ou opprimé, aucun personnage n'est épargné. Dans sa vision du monde, le bonheur est absurde. Pour lui, la nature humaine est exclusivement déterminée par ses besoins physiologiques, sans autre perspective. Quelle que soit la forme théâtrale, Levin met crûment son public face à ce qu’il considère comme étant l'absurdité essentielle de l'existence humaine.

-Camille

Hanock Levin, synthèse d'un auteur contemporain par Beno & Kimono

Hanokh Levin, dans ses 4 pièces, Une laborieuse entreprise, Ceux qui marchent dans l'obscurité, Cabaret, Yaacobi et Leidental, raconte des histoire sur des personnages de classe sociale moyenne. Dans une laborieuse entreprise et yaacobi et Leidental, il nous propose une vision du couple, qui d'une part est une vision ennuyante, comme un regret, et d'autre part, la passion d'un amour qui, en quette d'expérience devient un trio amoureux. Pour cabaret et Yaacobi et Leidental, les bandes d'annonce sont des extraits de la pièce elle même mise en scène. Pour ceux qui marchent dans l'obscurité et une laborieuse entreprise, les bandes d'annonce ressemble d'avantage à une bande d'annonce de cinéma; les personne sont dans des lieux précis, filmés. On ne peut donc pas se rendre compte de la mise en scène qui sera adopté lors de la représentation elle même.
Hanok étant Israélien, ne parle pas que de la relation amoureuse, dans Cabaret il fait une satire politique en référence au début de se carrière . Ces satires de cabaret sont composées d’une série de sketches entrecoupés de chansons.
Quand à Ceux qu marchaient dans l'obscurité, Hanokh Levin a écrit cette œuvre en phase terminale d'un cancer dans il a succombé en 1999. Cette pièce raconte l'histoire de plusieurs personnes qui cherchent qui elles sont, pourquoi elles sont la. La bande d'annonce se déroule dans l'obscurité, elle resprésente un homme seul, qui marche dans une rue seul, il a l'air seul dans sa tête aucune expression n'est visible. Nous pouvons peut être imaginer que Hanokh Levin se posait des questions sur sa vie à lui, avec la maladie, et la mort qu'il voyait approchait.
 Le style d'écriture contemporain de Hanokh est plutôt cru et direct, il ne fait pas de fioriture il a pour but de toucher directement spectateur pour le sensibiliser aux thèmes qui lui tiennent à cœur.



Béno & Kimono

Marie parle d'Hanoch Levin

Hanoch Levin est un dramaturge et metteur en scène israélien né en 1943 et mort d'un cancer en 1999.
Trés vite, il prend le parti de dire que la politique de son pays ne va pas et que les Palestiniens sont brimer, il s'inspirera de ces idées pour rédiger plusieurs piéces :
Les cabarets satiriques


Il s’agit de violentes satires politiques du début de sa carrière. Elles constituent une résistance frontale de Levin contre la réalité politique qui prévaut en Israël au moment de leur création. Ces satires de cabaret sont composées d’une série de sketches entrecoupés de chansons.



Les comédies

Pièces centrées sur des individus, des familles, des amis ou des voisins qui sont représentatifs d’un microcosme de la société israélienne. L’espace dramatique de ces pièces se limite à la maison ou, tout au plus, au quartier. La ville et le pays sont en dehors du champ. Dans ce groupe des comédies, Nurit Yaari identifie trois sous-catégories : les amours et le mariage, la famille et le voisinage.



Les tragédies

Cette partie philosophique et mythique de l’œuvre de Levin basée sur des mythes anciens et des textes bibliques. Ces pièces ont un caractère très différent en termes d’intrigue et de structure. Mais comme leurs titres « Agonies et humiliations endurées par les gens » et « Futilité de la souffrance humaine » le laissent entrevoir, elles tournent toutes autour du thème récurrent de la dégradation et de la mort.



Marie

Gaetan et Camille donne son avis sur Hanoch !

Dramaturge et metteur en scène israélo-palestinien, Hanoch Levin, mort prématurément à l’âge de 55 ans des suites d’un cancer des os le 18 août 1999 sur la terre d'Israël. Cette période où bascule le destin de deux peuples, le situe au cœur du conflit qui s'exacerbe au Moyen-Orient, sous ses yeux, dans sa chair, au cœur de la société où il vit, travaille, respire. À propos de son œuvre, Nurit Yaari, professeur à l'université de Tel-Aviv déclare : « L'œuvre théâtrale de HanoCh Levin est imprégnée d'une critique virulente de la réalité politique, sociale et culturelle de l'État d'Israël. Avec une acuité hors du commun, Levin n'a cessé d’interpeller ses concitoyens contre les conséquences nuisibles d'une occupation durable des territoires conquis. »


Il s’agit de violentes satires politiques du début de sa carrière. Elles constituent une résistance frontale de Levin contre la réalité politique qui prévaut en Israël au moment de leur création. Ces satires de cabaret sont composées d’une série de sketches entrecoupés de chansons.
Pièces centrées sur des individus, des familles, des amis ou des voisins qui sont représentatifs d’un microcosme de la société israélienne. L’espace dramatique de ces pièces se limite à la maison ou, tout au plus, au quartier. La ville et le pays sont en dehors du champ. Dans ce groupe des comédies, Nurit Yaari identifie trois sous-catégories : les amours et le mariage, la famille et le voisinage.
Cette partie philosophique et mythique de l’œuvre de Levin basée sur des mythes anciens et des textes bibliques. Ces pièces ont un caractère très différent en termes d’intrigue et de structure. Mais comme leurs titres « Agonies et humiliations endurées par les gens » et « Futilité de la souffrance humaine » le laissent entrevoir, elles tournent toutes autour du thème récurrent de la dégradation et de la mort.

vendredi 1 février 2013

J-J Le retour !

Hahahhahahahaha
Vous pensiez nous avoir éliminés ?
Vous nous pensiez partis ?
C'est faux ! Nous savons. Et nous revenons.
Nous vous avons laissé notre héritage. Voyant que notre aide est aujourd'hui plus que nécessaire dans la survie, et la pérennité de cet atelier théâtre, nous sommes là pour inculquer aux jeunes générations le savoir et la clé de notre légende.
La première règle, la plus importante de toute. Celle qu'il ne faut en aucun cas oublier...
Amusez vous ! Riez ! Participez ! Bougez vous le cuuuuul !
Y'a pas de théâtre sans plaisir. Pas de plaisir sans investissement. ça peut parraitre chiant, mais grâce à ça les années d'ateliers théâtre ont été pour nous les meilleurs moments de nos scolarités.

*J-J
(James & Johan)
Terminales promo 2012, NDLR

Golgota Picnic, Rodrigo Garcia, 2011 : Rodrigo Garcia fait la nique aux intégristes

« Au commencement était le rire
Puis, après le rire vint le verbe, pour enquêter sur le rire
Mais le verbe ne sut pas comment déchiffrer le rire
Et, à force de parler, le verbe dessécha les rires
Il les débarrassa de leur esprit, du spasme. »
Ainsi écrit Rodrigo Garcia dans « Golgota picnic », pièce créée en janvier dernier à Madrid et dont la première française avait lieu mercredi soir au Théâtre Garonne de Toulouse, coproducteur du spectacle avec le Festival d’Automne à Paris, où le spectacle viendra en décembre.

Intégrisme et liberté d’expression

Ils étaient une centaine rassemblés à l’orée de la rue du Château d’eau qui mène au théâtre toulousain, rameutés par l’institut Civitas, qui sous couvert de « christianophobie » fleurant bon l’extrême droite, accuse le spectacle, sans l’avoir vu, d’être un « ignoble mélange de blasphème et de perversion » et de comporter des scènes « à la limite de la pornographie ».
En outre, histoire de faire de la surenchère, sur le site de l’institut on peut lire que Rodrigo Garcia est « bien pire que son ami Roméo Castelluci ». D’ailleurs parmi les agenouillés, avec ou sans bougie, certains pensaient protester contre le dernier spectacle de ce dernier, jouée récemment à Paris et à Rennes.
La police maintenait à distance les intégristes et les autres manifestants, bien plus nombreux, citoyens et militants de partis de gauche, faisant front devant le théâtre derrière une banderole : « Non aux intégrismes, liberté d’expression. »
Quelques-uns, ayant fini par réussir à s’infiltrer, priaient à genoux devant les grilles qui canalisaient l’accès au théâtre. Ils ont été vite entourés par des manifestants chantant « L’Internationale » ou scandant des choses comme « Ah ! Si Marie avait connu l’avortement, on n’aurait pas tous ces emmerdements ! ».

« Une défaite de la pensée »

Le directeur du Théâtre Garonne, Jacky Ohayon, qui a présenté nombre de spectacles de Rodrigo Garcia, sans incident mais avec force discussions d’après spectacle, affichait une triste mime. « Une défaite de la pensée », soupira-t-il.
Mais il eut un petit sourire en allant à la rencontre du maire de la ville. C’était la première fois que ce dernier venait au Théâtre Garonne depuis son élection. Il faut dire que les journalistes « nationaux » et « régionaux » étaient nombreux à avoir fait le déplacement.
Une autre manifestation du prétendu « sursaut chrétien » est prévue samedi soir à Toulouse, préambule aux manifestations parisiennes.
On ne saurait trop conseiller aux « agenouillés » de lire « Cendres », un ouvrage qui vient de paraître et réunit les écrits de Rodrigo Garcia de 1980 à 1999. On y lit des pièces comme « Fallait rester chez vous, têtes de nœud » ou « Vous êtes tous des fils de pute » ou encore « L’Avantage avec les animaux c’est qu’ils t’aiment sans poser de questions ».
Ils pourront y découvrir un auteur joyeusement iconoclaste qui brocarde la société de consommation autant qu’il se gifle lui-même.
Avant que ne commence « Golgota picnic » sur l’écran où seront projetés les sous-titres, Rodrigo Garcia tient à signifier :
« J’ai honte de présenter une œuvre d’art protégée par des mesures de sécurité. »
Que le spectacle commence !

Un sol couvert de petits pains

Une odeur de pain se glisse dans vos narines quand on entre dans la salle : le plateau est entièrement recouvert de ces pains ronds avec lesquels on fait les hamburgers, dernier avatar de la multiplication des pains brevetée J-C. C’est beau, c’est doux. C’est radical et lumineux, comme la plupart des propositions scéniques de Rodrigo Garcia.
Il n’y a pas de personnages dans « Golgota picnic » comme dans presque toutes les pièces de l’auteur. Mais cinq acteurs qui se partagent le flux de sa parole. Ce qui est dit n’est qu’une partie de ce que l’on lit, ce que l’on voit pendant le spectacle, le texte ne le dit pas.
Ainsi cet « ange déchu » (c’est brodé sur sa poitrine) que l’on voit sur le grand écran au début du spectacle, filmé en plein ciel, vêtu de noir, fait de la voltige et des cabrioles dans le ciel – un parachute dans le dos tout de même – et dans le bruit d’enfer (hum) du vent en haute altitude.
C’est la toute la dialectique mots/images, base dramaturgique de cet auteur-metteur en scène :
« Nous traînons derrière nous un héritage visuel bien trop tourmenté, un cauchemar sur toile, sur bois et sur papier.
Si tu t’y efforces, tu oublieras peut-être les mots ; mais les images, pas moyen de s’en libérer. »
C’est dit au début de « Golgota picnic ». Parmi ces images, il y a celle, obsédante, du Christ sur la croix, superstar des musées occidentaux.
« Tous ces beaux édifices doivent être livrés aux flammes », lance Rodrigo Garcia, car tous ces tableaux plein de croix, de larmes et de plaies, « c’est de la propagande pour la perversion, le tourment et la cruauté ». Et ceux qui travaillent dans les musées, parce qu’il faut bien vivre, sont des complices.

Le premier démagogue

Rodrigo Garcia aime creuser les paradoxes et retourner comme un gant les idées convenues, les fausses évidences. Il y a de l’imprécateur chez lui, mais tout cela est dit sans éclat quasi sur le ton de la confidence, les voix des acteurs étant filtrées par des micros HF, un calme roulis de mots assassins.

« Golgoth picnic » par Rodrigo Garcia (David Ruano)

Le Christ, donc. Un type « nul dès qu’il s’agissait de parler de foot », qui potassa les noms « guérillas à venir » et choisit pour le sien le mot « AMOUR » en lettres majuscules. « Le premier démagogue » puisqu’il « multiplia la nourriture pour le peuple au lieu de travailler coude à coude avec lui ». Un gars qui « promet l’amour éternel comme on repeint des voitures chez un carrossier ».
Et ainsi de suite.

Jeu de massacre et baiser maternel

Le Christ les bras en croix est le motif, la ritournelle du spectacle basé sur l’œuvre de Haydn, « Les Sept dernières paroles du Christ sur la croix ». Tel un bonimenteur qui essaie tous les arguments en passant du coq à l’âne pour vendre sa camelote, Garcia parle à l’emporte pièce (exactement) du MP4, des Noirs (« Dieu a dit : les Noirs serviront à danser le funk et à fabriquer des cigares »), des vigiles, des artisans italiens « fabuleux » qui ont lâché la reconstruction de la tour de Pise pour Hollywood, du patron de Zara « qui connaît mieux les tréfonds de l’être humain que Sigmund Freud lui-même », des opportunistes qui n’ont jamais bougé mais se précipitent pour photographier avec leur Nikon la statue de Lénine, de Saddam ou le mur de Berlin que l’on abat.
Un jeu de massacre qui semble être fondé sur une peur enfantine. Car chez Garcia, le Christ crucifié c’est le vestibule de la mort (il habite « à dix minutes »), tout comme le baiser donné par la mère à l’enfant avant de dormir était « une prémonition de la mort ».

Le piano de l’apaisement

Alors le théâtre est le lieu des dernières agapes, le refuge de tous les excès et excentricités avant la chute. Images fulgurantes dont il ne faut pas chercher à donner sens à tout prix que ces visages sculptés de légumes, ces sexes ouverts et filmés le temps d’un mouvement de jambes, ces poils (cheveux, sexe) maculés créant une composition de corps nus pour je ne sais quel Dali, ce corps d’homme au sol les bras en croix dont le visage est broyé de viande hachée, ou cette danse de corps des deux sexes que l’on arrose de peintures et qui s’emmêlent les pinceaux.
Et puis dans une lumière atténuée, sur un sol dont l’ordonnance des petits pains a été ravagée, un homme nu s’assoit à un piano et tout, lentement, s’apaise. Le pianiste Marino Formenti joue « Les Sept dernières paroles du Christ sur la croix » de Joseph Haydn. Intégralement.
Alors, pour finir, l’ange filmé revient, revêtu d’un habit couleur de chair et, comme nu, l’ange vole dans un bain d’air, les bras en croix, comme bercé par le ciel, endormi peut-être.
Source : Rue 89
http://blogs.rue89.com/balagan/2011/11/17/golgotha-picnic-rodrigo-garcia-fait-la-nique-aux-integristes-225785?page=4

Golgota Picnic, Rodrigo Garcia, 2011.Image d'un spectacle controversé

Golgota Picnic, Rodrigo Garcia, 2011

Rodrigo Garcia, biographie d'un metteur en scène enragé

Né dans les favelas de Buenos Aires, Rodrigo García est devenu le plus trash des metteurs en scène : tondeur de femme, tueur de homard ou arroseur de ketchup sur les plateaux. Sa fureur arty affole la SPA et les bien-pensants.

Bio Express Rodrigo García
1964 Naissance en Argentine, à Buenos Aires.
1986 S’installe en Espagne, à Madrid.
1999 Première en France, au TNB, de Conocer gente, comer mierda (“Connaître des gens, bouffer de la merde”).
2001 Premier succès international avec After Sun.
2009 Lauréat du prix Europe Nouvelles Réalités théâtrales, remis à Wroclaw en Pologne.
Rodrigo García habite de jour comme de nuit dans le théâtre où il répète. En résidence depuis la fin août à Rennes pour accoucher de Muerte y reencarnación en un cow-boy, la création qu’il présente au festival Mettre en scène, il s’est installé dans la bien nommée salle d’échauffement. Dédiée au training des acteurs, elle est devenue son bureau.
C’est là qu’il reçoit, un cigare au bec et un verre de whisky à la main. “Je suis le metteur en scène qui coûte le moins cher en hébergement”, assène-t-il dans un rire en poussant la porte de la loge attenante. Dans la pénombre, on entrevoit un matelas à même le sol et un sac de couchage en vrac. Une vidéo qui passe en boucle donne un aperçu du chantier en cours : deux types en slip, le corps dégoulinant d’huile, s’acharnent à coups de pied sur des guitares électriques dans un duel de solos apocalyptiques. Puis ils entament une chorégraphie au ralenti, une danse sous mescal inspirée d’un post visionné sur internet. Un pur échantillon de cette fureur arty dont Rodrigo García aime garnir ses shows. Depuis le choc After Sun (2001), balade déjantée d’un couple, baignant dans la salade, les saucisses, la mayonnaise, le ketchup et tout ce que contient le placard d’une cuisine, Rodrigo García s’est fait une spécialité de transformer les plateaux de théâtre en champs de bataille.
Pour comprendre sa propension à voir rouge dès qu’il s’agit de produits de bouche, on tentera l’hypothèse d’une revanche à prendre sur son enfance dans un bidonville de Buenos Aires. Entre une mère vendeuse de fruits et légumes et un père boucher qui le met derrière la planche à découper à 11 ans, son avenir semble tout tracé. “Dans le barrio où je suis né, j’étais malgré tout le riche de la favela, car pour leur commerce, mes parents avaient construit une maison en dur. Mon autre privilège était d’être le seul à avoir les moyens de me faire payer un ballon de foot en cuir. J’avais beau être le pire des joueurs et rester dans les buts, tout le monde voulait jouer avec moi car je possédais le ballon.”
Celui qui plus tard glorifiera Maradona sur scène et nommera sa compagnie La Carnicería Teatro (La Boucherie Théâtre) était à l’époque à la recherche d’une issue de secours. “Je ne sais pourquoi, mais un jour je me suis dit que la seule solution pour m’échapper de la boucherie était la littérature. A la maison, les livres se comptaient sur les doigts d’une main, trois livres de cuisine, le théâtre de Federico García Lorca, relique chérie par mes parents émigrés espagnols et, va savoir pourquoi, les oeuvres complètes d’Oscar Wilde.”
Il a 17 ans quand il vole tout Wilde pour l’échanger dans une librairie contre les oeuvres de Borges et Etre et Temps de Martin Heidegger. Dévorant en secret Schopenhauer aussi bien que Sénèque, il alterne la fac, les parties de foot et les petits trafics entre amis. “Au final, j’ai obtenu une licence en sciences de la communication et publicité. Je suis entré comme coursier dans une boîte de pub avant qu’ils ne me fassent bosser comme créatif. J’y ai gagné le montant exact du billet pour partir en Espagne.”
Débarquement à Madrid en 1986. “La période la plus sombre de ma vie. Je voulais monter des textes et faire du théâtre… Je travaillais dans la pub et investissais tout l’argent gagné dans des productions que personne ne venait voir. Par deux fois, j’ai dû jeter mes scénographies à la poubelle. Ces échecs m’ont convaincu d’essayer d’écrire. J’ai pondu un texte, Macbeth imágenes. J’en ai honte, mais c’est avec ce pur plagiat d’Heiner Müller que j’ai obtenu un premier prix d’écriture (rires). D’autres textes ont suivi.”

Alors qu’il commence à avoir une petite réputation d’auteur, Rodrigo García opte pour un théâtre physique proche de la performance. “On m’a pris pour un fou. Pendant quinze ans j’ai travaillé dans une totale incompréhension en Espagne. Heureusement, j’ai rencontré Carlos Marquerie (qui depuis signe les lumières de ses spectacles – ndlr). Il dirigeait le Teatro Pradillo, un petit lieu à Madrid  “La polémique était continuelle, mais le public était fidèle et c’est là que des gens du TNB (Théâtre National de Rennes) ont découvert Conocer gente, comer mierda, et m’ont invité en 1999 à le présenter à Rennes.” Une sortie d’Espagne qui force le succès avec, l’année suivante, le happening lumineux After Sun que tout le monde s’arrache.

L’incompris devient la nouvelle coqueluche du théâtre européen. S’en suivront des invitations au Festival d’Avignon et au Festival d’automne dont Rodrigo García fait aujourd’hui figure de membre honoraire. Toujours en tournée en Europe et dans le monde, Rodrigo García ne déroge pas d’un iota à son penchant provocateur et ses spectacles ne cessent de faire scandale. Avec After Sun, il s’attire les foudres de la SPA à cause d’une danse avec un lapin sur Sex Bomb de Tom Jones. Il soulève l’indignation des moralistes quand il invite le public à monter sur scène pour retirer son slip et s’en coiffer. “En Allemagne, la moitié des spectateurs ont quitté la salle quand un vieil homme l’a fait.” Une jeune femme tondue en direct sur la scène du Théâtre du Rond-Point durant Et balancez mes cendres sur Mickey (2006) lui vaut des tribunes dans les journaux pour dénoncer l’offense à la dignité des femmes et l’obscénité de ce rappel des tondues de la Libération.
Pire encore, Accidens : matar para comer (Accident : tuer pour manger), créé à Rennes en 2005, est une performance consistant à couper en deux un homard vivant d’un coup de hachoir, à le griller et le manger sur place. “Elle est interdite en Espagne, à Madrid et Barcelone. En Italie, à Milan, les carabiniers ont empêché que le spectacle ait lieu…”
Enfin, invité au printemps pour recevoir à Wroclaw (Pologne) le prix Europe Nouvelles Réalités théâtrales aux côtés de Guy Cassiers, Pippo Delbono, Arpád Schilling et François Tanguy, Rodrigo García, qui présentait deux spectacles dont la performance du homard, se retrouve en plein cauchemar : “Ils m’ont accusé d’acte de torture, j’ai passé trois heures au poste de police à devoir m’expliquer avant d’être relâché.” Des risques du métier qui n’altèrent en rien sa détermination au moment où s’annonce son retour en force en France. D’abord à Rennes, puis à Paris, au Théâtre du Rond-Point, où il présente Versus, créé en 2008 pour fêter l’anniversaire de l’indépendance de l’Espagne qui, il y a deux siècles, se libérait de la tutelle française. Un patchwork qui réveille les héros de la série Agence tous risques, les fantômes du franquisme et convoque Goya, la place Tiananmen et le 11 Septembre.

Parce que le théâtre de García est d’abord politique, on s’inquiète de son avis sur la multiplication des scandales politico-médiatiques qui ne cessent de défrayer nos chroniques. “Je propose que les médias les cachent. Qu’ils ne diffusent pas ce genre d’informations et que ces espaces – pages et écrans – ne soient occupés que par des images bucoliques : des papillons dans les prés, des rivières où coule une eau cristalline… Il faut prolonger cette occultation des vrais événements pendant un siècle ou un siècle et demi, le temps d’accepter l’échec de la démocratie et d’inventer un autre système.” Depuis deux ans que nous n’avions plus de ses nouvelles, Rodrigo García nous manquait. “La loi du marché”, se contente-t-il de commenter.
Source : LesInrocks

Questions pour guider votre réflexion sur H. Levin


Voici quelques questions de synthèse pour vous aider  dans la rédaction de votre article

Autour d' Hanokh Levin
• Quels sont les thèmes récurrents dans les différentes pièces présentées?
• À partir des extraits des posts, que pensez-vous du style de l’auteur?
o Trouvez-vous son langage cru?
o Est-il possible de faire dans la dentelle lorsqu’on veut dénoncer une situation?
• Que pensez-vous de sa volonté de dénoncer la situation des Arabes dans les territoires occupés?
o Aurait-il dû plutôt faire preuve de patriotisme pour son pays?
Endosser à 100% les actions politiques de son gouvernement?
• Que pensez-vous de l’utilisation du théâtre pour faire valoir ses idées?
o Pour défendre un point de vue, une pièce de théâtre vous semble-t-elle une solution efficace?
o Quelles seraient les autres possibilités?

Autour de La lettre d’un soldat à son père présentée dans le post "Levin, un agitateur d'idées".
• Est-ce que la fin de la lettre vous a surpris?
• Pensez-vous que les aînés, qui sont souvent ceux qui prennent les décisions dans un pays,
sont responsables du sort des jeunes qu’ils envoient à la guerre?
• Hanokh Levin transpose une situation collective en une situation intime.
Croyez-vous que c’est plus efficace? Que ça provoque plus d’effet chez le spectateur?



Autour de la mise en scène de ses pièces
• Comment peut-on créer du comique y compris sur des sujets graves?
o Dans la perspective de notre propre travail de mise en scène sur Funérailles d'hiver, recensez les différentes techniques que vous avez pu voir en oeuvre dans les mises en scène. Pensez
oAu rôle du son/de la musique, oAux costumes, oA la gestuelle etc.
• Parmi les vidéos présentées, où va votre coup de coeur et pourquoi?

jeudi 31 janvier 2013

3 apercus d'Hanokh Levin. Un agitateur d'idées. Religion. Mort. Souffrance

3 textes plutôt grinçants d' H. Levin sur des sujets aussi sérieux que la religion, la mort ou la souffrance.
LA GENÈSE
Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.
Et la terre n’était que chaos et les ténèbres régnaient sur la surface de l’abîme et l’esprit de Dieu planait sur les eaux.
Et Dieu dit : « Que la lumière soit ! »
Et tout resta noir.
Et la terre n’était que chaos et les ténèbres régnaient sur la surface
de l’abîme. Et il fut soir et il fut matin - premier jour.
Et Dieu se leva au deuxième jour et dit : « Que la lumière soit ! »
Et tout resta noir.
Et la terre n’était que chaos et les ténèbres régnaient sur la surface
de l’abîme. Et il fut soir et il fut matin - deuxième jour.
Et Dieu se leva au troisième jour et dit : « Pour la troisième et dernière fois, que la lumière soit ! »
Et tout resta noir.
Et la terre n’était que chaos et les ténèbres régnaient sur la surface
de l’abîme.
Et il fut soir et il fut matin - troisième jour.
Et Dieu se tut le quatrième jour et le cinquième jour.
Et au sixième jour, Dieu se leva et poussa un grand cri :
« Ou bien je suis Dieu ou bien je ne suis pas Dieu - que la lumière
soit, merde! »
Et une toute petite lumière s’alluma à la fenêtre d’un immeuble et un
homme en pyjama se pencha vers l’extérieur et dit : « Qui est-ce qui nous réveille au beau milieu de la nuit en criant qu’il est le bon Dieu? »
Scier ma femme en deux, je peux le faire aussi, 1966

2. LETTRE D’UN SOLDAT À SON PÈRE (chanson)
Cher papa
Quand tu seras debout au-dessus de ma tombe
Vieux fatigué solitaire
Que tu verras mon corps se recouvrir de terre
Toi en haut, papa, et moi dans la pénombre
N’essaie pas de prendre une posture inspirée
Tête haute regard fier

Profite bien, papa, de notre ultime chair à chair
Bientôt tu n’auras plus que tes yeux pour pleurer
Ne retiens pas tes larmes oublie la dignité
Ne joue pas les vainqueurs
Demande-toi plutôt, papa, si c’est à ton honneur
D’avoir soudain un fils étendu à tes pieds
Ne parle surtout pas de ton grand sacrifice
Le sacrifice c’est moi seul qui l’ai fait
Garde tes grands mots, papa, ils seront sans effet
Je n’entendrai plus rien au fond du précipice

Cher papa
Quand tu seras debout au-dessus de ma tombe
Vieux fatigué solitaire
Que tu verras mon corps se recouvrir de terre
Papa, demande-moi pardon 
Reine de la salle de bains, 1970




3. Mesdames et messieurs, regardez,
un homme tombe du haut d’un toit.
Les bras écartés, il tournoie dans les airs,
son cri se brise et résonne.
Vous reculez d’un pas, de peur
que son sang vous éclabousse
mais, fascinés, vous suivez sa chute
et attendez, avec délectation et horreur,
l’instant fatal, l’instant unique
où son corps heurtera le sol.
N’y cherchez pas un sens ni une morale,
contentez-vous d’apprécier le spectacle : un homme tombe
et bientôt il sera mort.
Les Souffrances de Job
 

Kroum l'ectoplasme, autre vidéo + commentaires+ acte I, scène 1

Ci après un autre extrait vidéo de la pièce Kroum l'ectoplasme, avec commentaires du metteur en scène, ici J-Jacques Mateu,  au Théâtre Sorano de Toulouse en 2010


Et ici le début de la pièce (début de la vidéo) : l'arrivée de Kroum et ses retrouvailles avec sa mère
Aéroport. Fin d’après-midi. La Mère, Shkitt.
LA MÈRE
L’avion a atterri. Je vais revoir mon fils dans un petit instant. Ça y est, le voilà!!

Entre Kroum, une valise à la main. Il étreint la Mère.
KROUM
Maman, je n’ai pas réussi. Je n’ai trouvé ni la fortune ni le bonheur à l’étranger. Je n’ai pas avancé d’un pouce, je ne me suis pas amusé, pas marié, pas même fiancé. Je n’ai rencontré personne. Je n’ai rien acheté et je ne ramène rien. Dans ma valise, il n’y a que du linge sale et des affaires de toilette. Voilà, je t’ai tout dit et je te demande maintenant de me laisser tranquille.
LA MÈRE (regarde la valise)
Il me prépare sûrement une surprise.
KROUM
Non.
LA MÈRE
Mais si, il a bien une petite surprise pour sa maman.
KROUM
Non !
LA MÈRE
Pourquoi tu cries ? Quelqu’un t’a demandé quelque chose ? Tu es rentré pour qu’on se dispute ?
Elle se met à pleurer.




Kroum l'ectoplasme, H. Levin. Intrigue et extrait de la pièce

Kroum l'ectoplasme, d'Hanokh Levin. L'intrigue de la pièce.
Contrairement aux apparences, Kroum l'ectoplasme n'est pas le héros d'un joli conte pour enfant. C'est plutôt l'anti-héros, celui qui revient dans son quartier, chez sa mère, après avoir tenté sa chance à l'étranger.  Bredouille.    Retour à la case départ, aux mêmes amis et aux mêmes rêves.   
En attendant le coup de baguette magique qui viendra le propulser ailleurs, riche et dans les bras d'une superbe femme, il parle d'écrire un roman sur son quartier. Trouda-la-bougeotte, Doupa-la-godiche, Tougati-l'affligé : comme Kroum, ses amis portent chacun un drôle de prénom, accolé inexorablement à un qualificatif aliénant. Comme lui, ils sont conscients de leur état et de leurs limites. Sauf qu'eux s'accommodent tant bien que mal de leur condition tandis que Kroum la refuse tout en ne faisant rien pour y échapper. Avec humour, on redécouvre qu'il est plus facile de renoncer à ses rêves que de leur donner vie.

Extrait d'un spectacle de 2012, ms Isabelle Hurtin.

Pour ceux intéréssés par le théâtre pour leur poursuite d'étude

Le lien parle pour moi. Rien de plus, camarade bonsoir.

Merci Madame Filippeti, notre chère ministre de la culture, mes respects mon hommage.

Moi, je parle pour Edgar 
(Ministère de la culture)

EdgarM

Affeux, sales et méchants

C'est un film d'Ettore Scola (1976) sur le thème de la famille.
La aussi une violente satire comique
Regardez l'extrait, prenez des notes  : quels sont  les thèmes abordés? comment l'interprétation rend-elle le comique?
(on va le rejouer en impro à la séance prochaine)
01. 16. 17. 62. 63.